Un onduleur garde vos appareils allumés quelques minutes quand le courant coupe, et les protège des baisses et des pics de tension. Le choix tient à trois chiffres : la puissance en watts que vos appareils consomment, l’autonomie dont vous avez besoin, et la technologie de l’onduleur. Ce guide explique comment les lire et comment faire le calcul pour un PC de bureau, une box internet ou un kit de vidéosurveillance, avec les onduleurs disponibles en boutique comme exemples.
VA et W : les deux puissances sur l’étiquette
Chaque onduleur affiche deux valeurs, par exemple 500 VA / 300 W. Les VA (volt-ampères) indiquent la puissance apparente, celle que l’onduleur peut faire circuler. Les W (watts) indiquent la puissance réelle qu’il peut fournir à vos appareils. C’est le chiffre en watts qui compte pour le dimensionnement.
Le rapport entre les deux s’appelle le facteur de puissance : W = VA × facteur de puissance. Sur l’Eaton 5E500I (500 VA / 300 W), il vaut 0,6. Sur l’Eaton 5E 900 (900 VA / 480 W), il est d’environ 0,53. Deux onduleurs affichant les mêmes VA peuvent donc fournir des watts différents. Comparez toujours les watts.
Erreur fréquente : acheter un 1000 VA pour un PC équipé d’une alimentation de 650 W en pensant avoir de la marge. Les VA ne se comparent pas aux watts, et un 1000 VA d’entrée de gamme délivre souvent autour de 500 à 600 W.
Additionner la charge : la méthode
Listez tout ce que vous brancherez sur l’onduleur et notez la consommation de chaque appareil. Trois sources possibles, de la plus fiable à la moins précise :
- Un wattmètre de prise branché entre la prise murale et l’appareil, en usage réel. C’est la mesure la plus juste.
- L’adaptateur secteur : multipliez la tension par l’intensité de sortie. Un bloc 12 V 1,5 A peut fournir au maximum 18 W. La consommation réelle est en général plus basse.
- La plaque signalétique de l’appareil, qui donne une valeur maximale.
Attention au PC : une alimentation de 500 W ne consomme pas 500 W. Ce chiffre est sa capacité maximale. Un PC de bureau sans carte graphique dédiée consomme beaucoup moins, un PC de jeu en charge beaucoup plus. Mesurez si vous le pouvez.
Deux exemples de calcul
Poste de bureau (valeurs d’exemple, à remplacer par les vôtres) : PC 150 W, écran 25 W, box internet 18 W. Total 193 W. Ajoutez 20 à 30 % de marge pour ne pas faire travailler l’onduleur à pleine charge : environ 240 W. L’Eaton 5E500I (300 W) suffit, mais l’onduleur 480 W de la même gamme donnera plus d’autonomie pour la même charge.
Vidéosurveillance : un enregistreur DVR alimenté en 12 V 2 A (24 W maximum), quatre caméras en 12 V 1 A (12 W chacune, 48 W au total) et la box internet (18 W). Total 90 W au maximum. La charge est faible, c’est l’autonomie qui guidera le choix plutôt que la puissance.
Autonomie : ce que veulent dire les minutes annoncées
L’autonomie dépend de la charge. Eaton annonce 6 minutes pour le 5E500I à demi-charge, soit 150 W. À pleine charge, ce sera nettement moins. Avec une charge plus légère, la durée augmente plus que proportionnellement, car une batterie au plomb rend plus d’énergie quand on lui en demande peu.
Un onduleur de bureau sert à franchir une microcoupure ou à enregistrer son travail et éteindre le PC proprement. Il ne remplace pas un groupe électrogène. Si vous voulez tenir longtemps, choisissez un modèle plus puissant que nécessaire : à charge égale, il tiendra plus longtemps. Sur un modèle avec port USB et logiciel, le PC peut s’éteindre seul avant que la batterie soit vide.
Off-line, line-interactive ou on-line
Les trois technologies se distinguent par la façon dont elles traitent le courant du secteur.
| Technologie | Fonctionnement | Tension instable | Usage où elle s’impose |
|---|---|---|---|
| Off-line (standby) | Le secteur passe directement aux prises. La batterie prend le relais à la coupure, après un court temps de bascule. | Peu ou pas corrigée : l’onduleur passe sur batterie. | Box internet, petit équipement peu sensible. |
| Line-interactive | Le secteur passe par un régulateur (AVR) qui remonte ou abaisse la tension. Bascule sur batterie à la coupure. | Corrigée sans puiser dans la batterie. | PC de bureau, poste de travail, DVR, petit réseau. |
| On-line (double conversion) | Le courant est redressé puis recréé en permanence par l’onduleur. Aucun temps de bascule. | Entièrement filtrée. | Serveurs, équipements critiques, réseau électrique très perturbé. |
Pour un usage domestique ou de bureau, le line-interactive est le bon compromis. Les quatre modèles Eaton 5E de la boutique sont de ce type.
L’AVR : pourquoi il compte
L’AVR (régulation automatique de tension) corrige les baisses et hausses de tension sans passer sur batterie. Sans AVR, chaque chute de tension vide un peu la batterie, ce qui l’use plus vite et peut la laisser à moitié vide au moment d’une vraie coupure. Si votre quartier connaît des baisses de tension le soir, c’est la fonction à vérifier en premier.
Les modèles 5E 900, 1200 et 1600 permettent aussi de régler la tension de sortie à 220, 230 ou 240 V selon la fiche du fabricant.
Les prises de sortie : IEC C13 ou prises murales
Beaucoup d’onduleurs, dont toute la gamme Eaton 5E, ont des prises IEC C13 à l’arrière, et non des prises murales classiques. La C13 est le connecteur femelle qu’on trouve au bout d’un câble d’alimentation de PC ou d’écran.
- Pour un PC ou un écran qui a une entrée IEC C14 : utilisez un câble C14 vers C13.
- Pour une box, un DVR ou un appareil à adaptateur secteur : il faut un adaptateur C14 vers prise femelle murale.
Comptez vos appareils avant de choisir : le 5E500I et le 5E 900 ont 4 prises, l’Eaton 5E 1200 (660 W) et l’Eaton 5E 1600 (900 W) en ont 6. Évitez de brancher une multiprise derrière l’onduleur pour en ajouter : on finit par dépasser la puissance sans s’en rendre compte.
Ce qu’il ne faut pas brancher
- Imprimante laser : son four de fixation appelle un fort courant à la chauffe, bien au-dessus de sa consommation moyenne. Il surcharge l’onduleur et le fait couper ou basculer. Branchez-la sur une prise murale.
- Radiateur, bouilloire, sèche-cheveux, climatiseur : leur puissance dépasse largement celle d’un onduleur de bureau.
- Un autre onduleur ou une multiprise parafoudre en cascade : les protections interfèrent.
Une imprimante jet d’encre consomme peu et peut rester sur l’onduleur si la puissance le permet.
La batterie : durée de vie et remplacement
Les onduleurs de bureau utilisent des batteries au plomb étanches. Elles s’usent avec le temps, même sans coupure, et plus vite dans une pièce chaude. Leur durée de vie se compte en général entre 3 et 5 ans.
Signes d’usure : l’autonomie fond, l’onduleur bipe ou signale un défaut batterie, ou il coupe dès la première microcoupure. Remplacez la batterie par une batterie de même tension et même capacité, et faites recycler l’ancienne. Placez l’onduleur au sec, loin d’une source de chaleur, avec de l’air autour des grilles.
Notre conseil selon l’usage
- Box internet et routeur seuls : la charge est faible. L’Eaton 5E500I les tient bien plus longtemps que ses 6 minutes à 150 W.
- Un PC de bureau avec écran et box : visez au moins 300 W, ou 480 W pour plus d’autonomie et de marge.
- Kit de vidéosurveillance : la puissance demandée est modeste, choisissez selon les minutes voulues et le nombre de prises. Prévoyez des adaptateurs C14 pour les blocs secteur.
- Deux postes, ou un PC puissant : passez au 660 W ou au 900 W, avec 6 prises.
Faites le calcul en watts, ajoutez votre marge, puis comparez les fiches de la catégorie onduleurs.